Je suis… Célia Martinez

Célia Martinez, membre de la Team Michelin et de l’équipe de France de ski de vitesse, fait le point sur sa saison 2019/2020. Entre son travail, le ski de vitesse et la course à pied, Célia mène une vie à 200km/h.

 

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Que fais-tu en dehors du ski de vitesse ?

Je travaille chez Michelin en tant qu’ingénieur en expertise véhicule au centre de recherche à Ladoux (Clermont-Ferrand).

 

Comment gères-tu ton double projet ? Est-ce que c’est difficile ?

Je travaille quasiment à 100 % comme tous les autres salariés. Simplement je pose la quasi-totalité de mes congés durant l’hiver (environ 7 semaines entre janvier et avril) et je prends 4 semaines sans solde pour pouvoir poser mes congés lors des périodes obligatoires demandées par Michelin.

C’est difficile de tout concilier surtout pendant la saison d’hiver. Je suis tout le temps On/Off entre le ski et le travail mais avec une bonne organisation préalable on s’en sort. J’ai aussi la chance d’avoir un manager et des collègues très compréhensifs sur ma situation.

 

Qu’est-ce que t’apporte ton sponsoring avec Michelin ? 

Mon sponsoring avec Michelin est tout d’abord une vraie aide financière indispensable pour participer à l’ensemble des étapes de la coupe du monde, aux championnats du monde et pour renouveler correctement mon matériel. Ensuite, c’est un peu particulier pour moi car Michelin est également mon employeur mais ce partenariat est une vraie marque de confiance. C’est d’autant plus important 

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de se sentir soutenu dans ses projets sportifs par son entreprise.

C’est une réelle chance de faire partie de la Team Michelin et de pouvoir partager son expérience avec les 26 autres sportifs Michelin et être parrainée par 2 champions Yohann Diniz et Renault Lavillenie.

 

Comment se passe ta saison 2019/2020 ?

J’ai fait 2 podiums en coupe du monde (à Vars en France et à Idre en Suède) avant que la saison ne s’arrête mi-mars à cause du corona virus. Les saisons sont déjà très courtes (seulement 3 mois de compétition) mais cette année c’est assez frustrant de n’avoir pu faire que la moitié et surtout de ne pas avoir pu faire la tentative de record du monde, un de mes gros objectifs de la saison. Le record de France est à 242 km/h.

Mais la priorité du moment n’est pas là, alors on reste en sécurité à la maison.

 

Comment organises-tu ta saison ?

Ma saison est vraiment coupée en 2 parties :

L’été : Je fais beaucoup de course à pied. Je suis licenciée à l’ASM Omnisport. Je fais environ 5 sorties par semaine soit 70km que je concilie avec des séances de muscu où je travaille tout ce qui est nécessaire pour le ski de vitesse : force, 

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équilibre et puissance. Cela se traduit par des séances diverses avec du spécifique (squats, développé couché…), de la proprioception et de la préparation physique générale (abdos, gainage). Je passe aussi beaucoup de temps à randonner dans les montagnes. Je fais également pas mal de compétitions de course à pied où je travaille mon mental.

L’hiver : Je fais beaucoup de ski en décembre et en janvier. Je fais des aller-retours tous les week-ends dans les Alpes ou les Pyrénées pour pouvoir m’entrainer. La semaine, je travaille et je complète avec de la muscu et un peu de course à pied pour le cardio.

Pendant la saison des compétitions, de janvier à avril, je m’entraine sur les pistes de coupe du monde. J’arrive un peu avant sur le lieu de compétition pour bien connaître la piste et être prête. La logistique est plutôt compliquée dans mon sport, avec tout le matériel (skis de 2m40, bâtons, casque…)  à faire voyager en avion… Mais quand les bagages ne sont pas perdus et arrivent à destination, on s’en sort !

 

Comment vois-tu ton après-carrière ? Comment tu le prépares ?

Pour le moment je ne pense pas trop à mon après carrière… Le Kilomètre Lancé en France n’est pas un sport professionnel donc contrairement à d’autres sportifs de haut niveau, j’ai toujours travaillé ou eu une autre activité à côté.

Ce qui est sûr c’est que le sport en général, la compétition sont mes moteurs dans la vie donc je continuerai à tremper dedans par d’autres moyens. J’aime et pratique beaucoup la course à pied (marathon, trails…). C’est un sport qui ressemble énormément au ski de vitesse sur l’aspect mental du dépassement de soi et de repousser ses limites mais qui a l’avantage de se pratiquer très tard. Quand j’arrêterai le ski de vitesse, c’est une voie que j’envisage très fortement.